Cela dépend de la substance utilisée, et c’est justement ce que l’étiquette doit indiquer. Que Choisir déconseille tous les traitements « anti » en literie, et lors d’un contrôle européen portant sur 129 articles, la DGCCRF a relevé une étiquette non conforme pour à peu près la moitié d’entre eux. Une literie sans traitement, lavée régulièrement à 60 °C, reste la voie la plus simple.
L’essentiel
- Un textile traité anti-acariens est soumis à la réglementation sur les biocides : l’étiquette doit le dire et nommer les substances actives.
- Que Choisir déconseille les traitements « anti » (anti-acariens, antibactériens, antimites), car les substances utilisées sont rarement sans risque pour la santé.
- Pour les personnes allergiques, les sources médicales citées ici misent sur le lavage à 60 °C et la housse du matelas, pas sur un traitement.
Un traitement anti-acariens est un biocide
Selon la DGCCRF, un biocide sert à détruire ou repousser des organismes nuisibles, et ces produits peuvent avoir des effets défavorables sur la santé humaine comme sur l’environnement. Un textile qui revendique une propriété anti-acarienne entre dans ce cadre, avec le règlement européen 528/2012.
L’étiquette d’un article traité doit alors mentionner, d’après la DGCCRF :
- qu’il contient des produits biocides ;
- la propriété biocide attribuée à l’article ;
- le nom de toutes les substances actives ;
- les instructions d’utilisation pertinentes, dont les précautions éventuelles.
Sur demande d’un consommateur, le fournisseur doit aussi fournir gratuitement, dans un délai de 45 jours, des informations sur le traitement appliqué.
Ce que disent les sources sur les risques
La DGCCRF note que, globalement, les substances déclarées ou identifiées sont approuvées ou en cours d’examen pour cet usage. Elle ajoute que les fabricants cherchent des substances présumées moins nocives, par exemple le géraniol.
Que Choisir est plus tranché : le magazine déconseille tous les traitements « anti » et estime rare que les substances utilisées soient sans risque pour la santé. Son exemple porte sur une couverture en laine traitée antimites à la perméthrine, décrite comme nocive par inhalation et irritante pour la peau et les voies respiratoires. Ce cas concerne un traitement antimites, pas un traitement anti-acariens, mais il illustre l’enjeu d’une literie au contact du corps toute la nuit.
Si vous avez un doute sur une substance, ou si votre peau ou vos voies respiratoires réagissent à un textile, parlez-en à votre médecin ou à votre allergologue.
Une efficacité mal documentée
Le contrôle de la DGCCRF a aussi porté sur les preuves. Pour 27 % des produits examinés, les professionnels ne détenaient pas de justificatifs attestant la nature, le statut ou l’efficacité des substances biocides. Selon la DGCCRF, beaucoup de fabricants ne traitent pas eux-mêmes leurs produits et se fient à leurs fournisseurs, sans toujours en tester l’efficacité.
La mention « anti-acariens » sur un emballage ne prouve donc pas, à elle seule, qu’un traitement a été vérifié.
Ce qui est recommandé aux personnes allergiques
Le service d’allergologie du CHUV (Lausanne) décrit l’éviction des acariens comme le traitement principal de l’allergie, sans passer par un produit appliqué sur le textile :
- draps et taies lavés une fois par semaine ;
- oreiller, duvet et couverture lavés à 60 °C tous les 2 mois, quand la matière le permet ;
- matelas enveloppé d’une housse anti-acariens lavable à 60 °C, imperméable aux acariens et à leurs particules, mais pas à la vapeur d’eau.
Le CHUV précise que le nettoyage à sec, nécessaire pour les duvets en plumes ou les couvertures en laine, est peu efficace pour détruire les acariens. RecoSanté, site d’information santé de l’administration, conseille de laver régulièrement la literie à 60 °C et d’aérer le lit chaque jour.
Comment choisir sans dépendre d’un traitement
Dans l’ordre :
- La housse du matelas et le lavage à 60 °C : c’est le socle décrit par le CHUV et RecoSanté.
- Une couette, un oreiller ou un protège-oreiller que vous pouvez laver à 60 °C, ou à défaut protégé par une housse lavable à cette température. Les pages couettes, oreillers et matelas du site détaillent les modèles retenus et leurs arguments.
- Lire l’étiquette si le produit annonce un traitement : mention de biocide, nom de la substance active, précautions. En cas d’absence ou de doute, le fournisseur doit répondre sur demande.
Pour la suite de la literie, l’article sur le drap-housse anti-acariens explique ce qu’un drap fait et ne fait pas.
Le premier geste
Regardez dès ce soir l’étiquette de votre couette et de votre matelas : cherchez une mention de biocide et le nom d’une substance active. Si elle est présente et que vous avez un doute, demandez conseil à votre allergologue avant de décider quoi que ce soit, et lancez déjà le lavage de la housse de couette à 60 °C.


